Premier sentiment de peur. Celle qui touche du doigt l’ironie du sort. Un chose magnifique m’arrive, cependant j’ai peur. La peur d’aller vers le connu. La situation m’irrite, me casse, j’en aurai quasiment rejeté l’idée du mieux, quel inconfort! On pend la raison à un fil, là où l’équilibre est si précaire que l’expression saisir sa chance prend tout son sens, avancer, au risque de tomber.

Vient ensuite une peur plus profonde, celle de retrouver les raisons de jadis. De repasser par cette case prison, je n’y retournerai qu’au chasse pied, forcé, contrait. Peu importe l’évolution non suivie, le parcours périlleux moqué et la sagesse formatrice, car elle ne l’est que par ceux qui l’ont apprivoisé, forgée au coût amer de l’éloignement.

Les explications auront goût de mises au point, avec au bout de la baïonnette cette non envie de repartir comme en 40′, car une éternité s’est révélée et avec elle un espoir est venu.

Il faudra résoudre… ce que le temps et la distance auraient dû précipiter dans les douves. Vient un savant mélange de rejet de tout ce qui me colle à la peau, ou plutôt une corde, pour prémunir cette paillasse qui a tendance à se rapprocher de tout ce qui est dangereux.

 

Sam Lebrave

 

Prison
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Join the discussion 3 Comments

  • Romain dit :

    Revenir est parfois plus dur que de partir pour exactement les même raisons. On sait ce qu’on quitte, mais on sait aussi ce qu’on retrouve.

  • Bérénice dit :

    Ulysse a eu peur de quitter Calypso. Il était si simple de rester avec elle avec chimères et ambroisie. Et puis il s’est rappelé , assis sur la berge le regard perdu dans le lointain, il s’est souvenu d’Ithaque, de son fils et de son amour pour Pénélope. Il a alors compris qu’un nouveau voyage l’attendait . Une reconquête du connu. La peur l’a saisi mais Calypso lui a rendu sa liberté et il a vogué vers le retour.
    La corde pour résister au chant des melodieuses sirènes mais l’écouter quand même. Le retour chez soi comme un étranger obligé de prouver qu’il s’agissait bien de lui. Chose magnifique et terrible que ces retrouvailles dans le bain de sang des prétendants.
    Le retour vers le connu: Homère en traçait déjà les lignes sinueuses.

  • Sam Lebrave dit :

    Merci pour ces commentaires. Merci Bérénice pour le partage, de nous rappeler Homère, et Ulysse et surtout qu’au delà des cyclopes et des gorgones l’attrait mythologique réside à mes yeux dans tout ce qui a été écrit à l’antiquité et qui se colle invariablement aux êtres que nous sommes. Le fait de n’avoir rien lu de tout ca amplifie l’effet, et m’a inspiré un petit texte…

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