On pourrait s’étonner de trouver un article sur la plage dans la catégorie « Actu »…Mais à y bien regarder, le bilan de l’été est le même chaque année: on va à la plage plutôt que de se mettre à la page.

Se faire dorer la pilule et la trogne, -ce doit être une question de pectine- c’est bien une image d’Épinal, pourtant plus facile à réaliser au Cap Ferret, à laquelle l’été ne peut échapper. Étalés sur des serviettes éponges, la crème solaire et les gens; remplis d’eau et de sable, les s9eaux et les gens; roulés dans les vagues, les coquillages et les gens. On s’ennuie, mais avec style, dans un maillot fluo, que l’on a dans la peau puisque le bronzage l’imprimera en négatif sur les corps des vacanciers, qui pourront ainsi, jusqu’en Novembre, se dire dans la glace et dans le froid, avec fierté et nostalgie: « J’y étais! C’est la plage qui m’a fait ça ». C’est peut-être la raison pour laquelle certains se brûlent, espérant ainsi en tirer des cicatrices plus durables, et donc plus consolantes. Ou bien est-ce par pur bonheur de l’excès? Ce sont les mêmes alors qui mangerons quatre chichis, et qui gagneront le concours du nombre de saucisses grillées et avalées! Voilà ce qu’est la plage. Voici ce qui, immanquablement, arrivera en été, et s’en ira en hiver, dans un recommencement rassurant qu’égale le rythme du ressac.

Mais cette « actu » n’est pas un coup de gueule. Alors que partout l’on s’échauffe comme il se doit par temps caniculaire, à propos de la longueur du string qui doit composer le bikini, et que les grognons montrent les molaires comme il se doit malgré le mol air, il faudrait rendre hommage à la plage. Et à Jeanine, qui assise sous son chapeau vert, et sur son séant, contemple de ses yeux grands ouverts l’infini de la mer. Enfin, elle est libérée un instant du journal de 20H qu’elle a oublié de regarder depuis qu’elle est au camping du Moulleau. Enfin, elle a un moment pour offrir à son Jules bedonnant et poilu, comme s’il avait fait la guerre, ce qu’effectivement sa vie quotidienne peut être, un sourire bienveillant. Oh non!, elle le sait bien Jeanine, que Jules n’est plus un bellâtre, que Jules n’est pas le plus beau, que lorsqu’il gonfle la bouée de la petite, c’est sa tête qui croît plutôt que la baudruche. Mais parce que la plage, elle lui offre ce sourire, qui semble lui dire qu’il est le meilleur. Nos tourteaux tourtereaux sont rouges, certes, ils sont certains jours bien énervés par le gosse qui balance du sable sur leur natte bien propre, si propre qu’on pourrait y manger une salade de riz, oui. Mais ils sont à la plage, et les embruns, et le soleil, et l’eau avec ses poissons et ses reflets brillants, et les soirées douces, les auront absous. Ils ont été libres, même une seconde.

Alors, à l’heure où août s’achève, la plage comme d’habitude, est d’actualité. Non pas parce qu’il faut s’y vêtir ou s’y dévêtir, mais parce que précisément il n’y faut rien.  L’an prochain, on fait la même à la montagne, et l’an d’après on tentera la liberté hors vacances scolaires!!!!!! Yeahhhhhhhhhhh!!!!!!

Valériane Des Voiles

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