Chers lecteurs et amis,

                    Le croirez vous ou non mais plonger dans un dessin animé Disney, c’est un peu comme dévorer des montagnes de pâte à tartiner. 
On croit (naïvement!) être guéri de la maladie à l’âge adulte, mais quand une âme charitable vous propose (l’air de rien!) le pot, on en dévore jusqu’aux tréfonds en se pourléchant les babines…(A ce propos, certains membres du second souffle vous confieront qu’ils n’ont même pas esquissé le commencement d’une tentative de thérapie). 
Alors ne pas se rendre à l’exposition «L‘art des studios d’animation Walt Disney, le mouvement par nature» eut été pécher. (Pire, nous encourions une grippe féerique ce que nous ne souhaiterions pas à notre pire ennemi!).

                   Bien nous en a pris. L’enfant qui sommeillait en nous a été ragaillardi par l’ambiance, les couleurs choisies et la diffusion d’extraits des chefs d’œuvre du maître et de son équipe (car oui les plus belles réussites sont toujours collectives) alors que l’adulte s’est pris de passion pour les techniques d’animation emblématiques du studio. A ce titre, l’exposition nous offre un formidable retour dans le temps du fameux Steamboat Willie, premier dessin animé en son synchronisé, en passant par l’utilisation du procédé xérox (qui permet de transférer directement les dessins des animateurs sur les cellulos, c’est à dire les feuilles transparentes qu’on filme une à une sur les décors) appliqué notamment dans Les 101 dalmatiens aux dernières innovations en 3D de Vaiana. Et ce n’est pas le seul mérite de cette aventure.
Si nos yeux sont tombés en extase devant les concepts art présentés (le temps s’est suspendu quand ceux de Mary Blair nous ont été révélés, car oui chers lecteurs la révélation divine nous a frappée !), c’est toute la philosophie artistique du studio qui a été ainsi mise en lumière.

                    L’observation de la nature a été une puissante source d’inspiration pour les artistes du studio et ce dès les années 40. Mais c’est le célèbre Bambi, qui voit pour l’occasion et pour la première fois des faons franchir les portes du studio, qui marque un tournant. Le même procédé sera utilisé pour Le Roi Lion (On n’ose imaginer le montant de l’assurance vie des animateurs!).
Et l’observation du mouvement alors, illustré par cette anecdote où le superviseur d’animation d’Ariel dans La petite sirène, ne parvenant pas à faire onduler de manière naturel la chevelure de la belle dans l’eau (des nuits d’angoisse à n’en pas douter!) finit par trouver l’inspiration en voyant la crinière d’une cosmonaute flotter dans l’espace ( l’histoire ne nous dit pas comment il a fêté sa découverte!).
Les mouvements artistiques trouvent également un écho dans les œuvres des artistes Disney. Ainsi les lignes droites et les couleurs dans Alice au Pays des Merveilles sont directement inspirées du mouvement surréaliste (Mary Blair a de nouveau sévi pour notre plus grand bonheur).

                   Loin d’avoir démystifié la féerie des films, l’exposition nous offre deux heures de félicité au cœur d’un incontournable de la pop culture. On en ressort le cœur léger, avec une seule envie, se replonger dans la magie qui a bercé notre enfance (syndrome de la pâte à tartiner vous dit-on!). D’ailleurs il est temps pour moi de vous quitter, les premières notes de la bella noté résonnent …..

Green Fairy

*L’exposition «L’art des studios d’animation Walt Disney, le mouvement par nature» se tient jusqu’au 5 mars 2017 au musée des arts ludiques à Paris

Author Green Fairy

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  • Romain dit :

    Oh!!
    Comment j’ai trop envie de voir cette expo! Cet article donne vraiment envie!
    Petit à petit, il est intéressant de voir à quel point les icônes de la pop culture passent dans le patrimoine mondial et deviennent le sujet d’expos de plus en plus passionnantes. Rien que pour l’évolution de la technique d’animation et toutes les anecdotes entourant la création, ça devait valoir le coup.

    Les éditions Glénat offrent aujourd’hui des intégrales sur les personnages emblématiques de Disney. Il y a des auteurs incontournables comme Barks, Don Rosa, Gottfredson… Mais aussi dernièrement la réappropriation de l’univers de Mickey Mouse par des grosses pointures de la bande dessinée franco-belge.
    Je ne sais pas si l’exposition faisait état de la relation entre les comics books et les courts métrages d’animation, mais il n’était pas rare que les auteurs passent de l’un à l’autre, ou qu’une histoire soit adaptée sur l’autre format. En tout cas, ces albums sont également un bon moyen de raviver la flamme de l’enfance!

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