D’une tempête, le moulin fit naître une bonne farine. Blanche et douce, elle gardait la mémoire de sa vie végétale. Elle s’envolait pour rien, car elle était enfant du vent. 

Mais, Le boulanger l’emporte et la pétrit. Il la prend à pleine main. Il la déchire puis la scelle, et la rompt à nouveau, et la presse de nouveau. Il recolle les particules presque fluides qui gonflent sous ses doigts tannés. 

Patient, il la malaxe, la masse, la caresse et la cuit. Elle devient pain doré. 

Ses cicatrices d’ancienne poudre blanche, ses souvenirs de blé sont ce qui font qu’elle est à présent une bonne miche. La mie du boulanger. 

Valériane Des Voiles

illustration: Jean-Baptiste Corot, tableau exposé au Getty Center…dont le nom serait « Maisons aux environs d’Orléans » (pour moi c’est la rue du moulin!)

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