C’est un truc de bonhomme ça. De prendre, de posséder. Te posséder toi peut-être? Posséder les êtres comme de jolies choses. Aimer pour avoir. Pour exposer, montrer, monter dessus. Posséder la terre et la thune. C’est un truc de mâle d’accumuler les biens à culbuter; de protéger son magot, son clan. Les possédants, les vrais bourgeois, ils sont plus nombreux qu’on ne le croit. Au coin de la rue, ils guettent comme des fous, ivres de tout ce qu’ils n’ont pas encore. Comme une fièvre de l’or universelle. Une maladie qui toucherait à tout. Des biens sous tous rapports.

C’est la virilité qui veut ça. Peut-être? Avec une volonté tendue comme une chasseuse dans un monde où tout lui semble gourmandise. Les possédants, les vrais bourgeois, ce sont eux. Ces hommes qui veulent. Ils veulent la peau d’une femme à faire craquer. Mais ils veulent aussi que la terre entière leur serve de tapis de bain, pour torcher leurs orteils dégoulinants. Thésauriser, accumuler. Les possédants ont déjà tout. Sed non satiatia. Les possédants regarde le monde comme un petit tableau fait pour leur plaire. Allons, allons, ne feins pas de croire que je ne parle que de politique, ou d’économie.

Le possédant c’est bien sûr ce bon gros capitaliste qui capitalise comme il se doit. Fier de son argent, parce qu’avec son argent il peut tout avoir. N’est-ce pas? Il a une belle maison. Une belle femme. Une belle montre, cela va de soi. Il a de belles chaussures. Il a un peu de pouvoir. Celui de tout avoir.

Le possédant c’est toi aussi, lorsque tu cherches à soumettre l’autre à ton plan. Quand tu lui cries « je veux » sans lui laisser le droit de dire « je ne veux pas », tu fais au fond la même chose. Tu composes ton monde sous vide, comme un diorama du muséum d’histoire naturelle. C’est un peu moi aussi. Quand je choisis mes mots, comme s’ils m’appartenaient. Et quand je prétends diriger leur sens.

Les possédants. Les peaux cédants. ça déchire.

Valériane Des Voiles

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  • Sam Lebrave dit :

    L’homme est pointé du doigt, sans cesse, pour ses possessions, ses désirs de possessions, sa virilité. Des totems, un idéal pour certains, un carcan pour d’autres qui ne comprennent pas pourquoi ils sont submergés par une vague alors qu’ils se sentent tout bonnement pas concernés. Au fond sont ils la minorité visible, ou un état d’être qu’on ne pourrait contester, à la limite de l’eugénisme? De plus en plus avec une cible sur le front, avec un camp à choisir alors qu’ils ne comprennent ni le conflit, ni les belligérantes. Ils sont ailleurs, mais avec cette charge sur les épaules. Ils ne seraient pas les premiers à subir ce genre d’oppression, l’égalité de ce point de vue là la légitime t-elle?

    • Ce n’était pas exactement le propos : il y a de ce point de vue, des femmes très viriles, très possédantes, etc…c’est l’Homme comme espèce plus que comme sexe. c’est une virilité du genre humain entier, qui mérite bien de servir de cible, en ce moment surtout, ou depuis toujours peut-être.

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