Le grand rapace poussa un cri et atterrit. Il déposa la noix et repartit vers d’autres proies. L’enfant à la coque de noix ne savait pas qu’il était dans le nid de l’oiseau, qui était tout là haut sur le pic rocheux de Picavif-sur-louve. Louve était la rivière qui coulait en contrebas. Ses eaux étaient d’un bleu limpide et brillant, et parce qu’elle circulait en faisant des milliers de détours dans les bois et dans les montagnes, on avait inventé le mot « louvoyer », en son honneur et pour décrire tout ce qui se faufile. Coco entendit seulement piailler. Un aiglon ou une buse juvénile cogna du bec la noix, par curiosité, et dans l’espoir de la manger. A l’intérieur de sa coquille, Coco était tout chamboulé, mais la noix ne cédait pas. Elle était vraiment très solide, et l’enfant se dit qu’il l’avait bien choisie. L’oisillon continua de cogner, et il donna de si violents coups de bec que la noix roula en dehors du nid, et dévala la pente rapidement, rapidement.

Coco roulait aussi, et fit des soleils et des roues pendant que sa noix tombait. A la fin, elle tomba dans l’eau de la Louve. Heureusement, la coque de noix était étanche, et flottait bien. Lorsque le courant de la rivière devenait plus violent, Coco coque de noix entendait un grondement sourd, et sa petite maison grinçait, grinçait.

Plusieurs fois, un saumon, ou bien une belle truite, tenta de faire de la noix son repas. Mais la gober tout rond comme le font les poissons, n’était pas si facile ! L’enfant à la coque de noix n’était plus un nourrisson, et il avait bien appris à naviguer. Il se penchait à droite, et puis à gauche, et esquivait ainsi toutes les attaques. Oh !!!! Bien sûr Coco avait peur ! Mais il ne se décourageait pas ! Il se souvenait de tous ses bons moments, au chaud dans sa coquille, coquille.

(à suivre)

Valériane Des Voiles

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