La guérison est là, elle est momentanée et précaire, mais elle est là. Ma victoire avant de fondre, je suis là. La mine est un peu jaune, tantôt grise, tantôt morose, me fait dire que le poison ne s’est pas totalement retiré, comme un gamin qui a trop bien joué je n’ai pas montré toutes les cachettes. Le soleil à la fenêtre ne décide plus de mon teint, pourtant je me lève pour la première fois depuis des jours et je le contemple, avec ces valises qui me feraient passer pour un inconnu dans le sérail des siths. Je les apprécie car à la barbe de tout ce qui flanche à l’intérieur, mes yeux voient et finalement sélectionnent et trient les informations dans le brouillard. Je vois noir puis clair, comme une mauvaise connexion qui fait naître des moments somptueux, mais qui ne durent guère. Mon coeur? je veux même pas voir sa gueule. Il s’accroche au fil, d’une main au cil, d’un doigt au crin, ou d’un ongle au sein. Une ironie que cache une si belle prise, de déceler sa puissance au moment ou il est si faible. La beauté dans la vulnérabilité, c’est une conclusion que je n’assume pas pour l’instant, qui sait, peut être au dernier instant. Quand il n’y aura plus de priorité, plus de choix, ni de douleur. Je prie maintenant à ce que personne ne ressasse ce que j’ai loupé dans cette vie une fois de l’autre côté, je m’en occupe bien assez en guise de synthèse. Qu’on me laisse tranquille, comme une signature dans la glaise, sans statue et sans effigie. Pas de rite païen sur ma cuisse, gardez ce que vous avez déjà de moi, il est là mon meilleur, et je vous le laisse.

Sam Lebrave

Illustration: pixabay

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