Des mots qui espèrent que la peinture ne pète pas plus elle est déjà bien arrachée, et que l’émail reste intact. Un week-end de passé est un week-end de gagné. Malgré tout il faut vivre, pour dans l’enfer se sacrifier.


J’ai toujours vécu comme ça, ce n’était pas une volonté, plutôt un destin. Rien ne m’obligeait à le faire, rester là dans la tranchée et finalement s’y trouver bien à l’aise comme un porc dans sa boue, mon jardin. Que ça soit une baffe, ou un coup de poing, ou une phrase mal envoyée, au pré et à la vie je récupérais tout à la volée, je prenais tout dans la gueule et je finissais par tendre la joue en attendant que ça tombe. Le retrait était impensable, et parer ne faisait pas partie du vocabulaire. J’avançais comme un camion mais j’étais la protection, un homme par-choc. Il fallait serrer les dents à chaque fois que je loupais un virage. Les traits tirent toujours mais quand on tourne la clé ça repart. Je ne suis pas parfait évidemment car ma gueule est mon histoire. Toutes ces tonches sont superficielles, et je m’en sors bien à la loterie de l’infirmerie. C’est l’argument du diable qui dit que quand les pattes tiennent il faut qu’on y reparte, dans ce sens continuer.
Mais la fatigue du brave est là, et les miettes qui m’ont satisfait sont des bougies qui s’éteignent. Et celui qui allait tout droit, sans feinte et baissant la tête pense inlassablement qu’il tourne désormais en rond. Un balourd à qui la danse ne sied guerre, et préfère tirer sa révérence.


Mais il n’y a pas de pleurs dans la bière et les souvenirs sont des moments de fêtes. La peau est finalement un peu plus rude, et si c’était ma marque de fabrique, éprouver l’édifice, ouvrir les yeux, ressentir, et recommencer.

Sam Lebrave

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