Tu restes à jamais là, blanc, immobile. Lifting, lissage de ton, jamais ta croupe n’aura parue si éclairée. En zone de décoration tu erres, et les passants à peine oseront sur toi régler la mire. Tu te fonds volontiers dans n’importe quel paysage rétro, aussi intemporel qu’inutile. On te verra beau, de loin, on te prendra en photo, hors champs ou en fond de tâche. Jamais plus on ne te caressera. Pur et sain de prime abord, tu repousseras de toute façon leurs mains, et tes grands yeux d’antan n’attireront plus personne. Les efforts de ceux qui quémandent les pièces des parents entretiennent ta peau, vive attention de marchand, tu ramasseras seulement les mégots. Et les fils à présent branchés, tu bourres comme tu rugis dans l’arène, mais cet espace de vie s’arrête aux parois, et tu es comme de marbre devant les pilonnes, granit et froid, blanc et glacial.

Sam Lebrave

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