Il était lisse et brillant. Ses muscles saillants tendaient ses vêtements, et jamais il ne se froissait, ni ne s’ébouriffait.
Ses cheveux incroyables et impeccables résistaient à tous les vents et ne faisaient pas un pli. L’homme brushing était cousin du mec en carton. Tous les jours près pour Hollywood ; tous les matins près pour la gloire d’être président, ou chef, ou à défaut, patron, ou vendeur de Mercedes ; et tous les soirs près pour le sportélec, l’homme-brushing était un homme de projets. Il entreprenait de boucler sa ceinture, de fermer sa gourmette ; il prévoyait de trouver une femme, qui aille avec ses nouveaux sièges en cuir et qui remplace les médailles qu’il n’avait pu gagner au champ d’honneur, faute d’honneur, et faute aussi de champ. Car l’homme brushing aimait les espaces clos et les petites pièces où il se sentait plus grand.

Il aimait les vitres, où son reflet bien droit pouvait s’assurer que l’original était bien peigné.
Il savait quoi faire ; il savait quoi dire ; il savait. Il pouvait faire rire les dames coincées, pour qui il paradait en vrai mâle, lion tout juste épilé de frais. Il pouvait commander aux messieurs effacés, pour qui il gueulait en vrai mâle, coq tout juste égosillé.
Il essayait le surf chaque été. Et l’hiver, il faisait des pompes en slip kangourou.

Il était en somme un Conan d’aujourd’hui, faux sauvage, prêt à distribuer la civilisation, en barbare fougueux. Quel courage il lui fallait pour assortir tous les matins ses chaussettes à sa cravate !

Valériane Des Voiles

image du film Conan le barbare, où l’on peut apprécier la finesse de sa chevelure….

Author Valériane Des Voiles

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  • Romain dit :

    L’homme brushing issu du milieu du football arrivera-t’il à la même position que l’homme queue de rat et l’homme mulet sur l’échelle de Richter du mauvais goût? Le temps nous le dira!

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