Une bataille fait rage. Les rires volontairement exubérants trahissent le nœud qui se forme sur la secrète entente. Au milieu du vacarme ils s’extrairent vers une impasse, une montée d’escalier, un canapé velours ou des sièges baqués. Malgré des tournures d’esprit plutôt habiles et l’apparente facilité de la situation, il se trouvait bien impuissant. Elle, le projeta au point central du labyrinthe, mena la danse et en une contorsion, un sourire de dos et du coin de lèvre, lui tendit les clés. Il attendit de se faire fusiller par un revers de hanche, une cambrure aussi explicite qu’improbable, celle qui fait rire autant qu’elle l’excite, comme un bégaiement au milieu d’un script qui conquit son public. Outrancier centimètre de jupe en débord de vase qui fracasse le nez, une sensation d’ailes et il va enfoncer la porte entre-ouverte avec la naïveté masculine qui le caractérise. Un faux pas oublié dans les regards qui se croisent mais qui ne se lâchent, une abîme pour une attention qui s’anime, là où les corps abondent mais ne suffisent pas, ils ne dirigent pas mais ils guident, quelles que soient les peaux elles obligent et aspirent à l’attraction, au rapprochement et au contact, un élan qui prend vie et qui respire. Il n’aura de cesse de s’ouvrir, une mise sur écoute attentive, une présence quasiment maladive sur ses respirations et ses contractions, car il le sait, se connait, de manière brève et impulsionnelle, souvent sans avoir fini le chapitre, à moitié et pas dans l’extase ultime il va jouir. Mais qu’importe, peut-on réellement recevoir quand tout est question de don? Il y a dans cette certitude viscérale un abandon de ce qui pourrait être mieux, il se livre, et c’est son mieux, conscient du pouvoir qu’il laisse dans le creux, elle devra s’en servir. A bon escient, à la substitution, aux préjugés, dans les désirs de l’autre il a trouvé un curieux exil. Alors il allie biomimétisme et robotique, l’un pour se réapproprier son corps offrande et maintenir le cycle décision-plaisir actif. L’autre pour se déshabiter si je puis dire, ajouter un bruit blanc sur une symphonie, pour mieux jouer sa partition. Il donne le ton en caresses, en omniprésence, et prend chaque parcelle comme le plus propice des terrains de jeu. Il focalise et idéalise le moment, se comprendre dans l’acte, anticiper ce qui transporte, comme sevrer d’eau jusqu’à faire fondre le cœur, central effort, centré sur l’ardeur, cintré de cris, les muscles qui se crispent à mesure qu’elle s’évanouit. Il s’évanouira lui aussi, changera d’hémisphère quand l’intensité grandira et quand les marques d’ongles lui traverseront l’échine. Hanté par les stéréotypes, il se rendra vert, mutation paradoxalement brutale et éthique, totale et quantique, virale et frénétique à en faire pâlir Ian Scott ou Tony Carrera, une veine, un hôte charismatique. Un rythme binaire, assigné à une œuvre… Ma mie, goûte le fruit mais ferme les yeux sur cette mine d’ahuri. N’appuie pas sur ce levier, ou subit! Alors que la mise au piloris est imparable et que le lien se resserre, les écoutilles se méprisent. La tension oppresse dans les mains, les poings, et les bouts d’orteils qui n’attrapent plus rien mais saisissent.

Elle a osé, croisé, reste t-elle un mystère? Pour lui, pour eux, et pour tout ce qui reste à construire, ou à se déplaire. Un lendemain de sauterie? Ou un premier jour? Un top départ sans compte à rebours, réaction en chaîne, un feu initié.

 

Sam Lebrave

Author Sam Lebrave

More posts by Sam Lebrave

Leave a Reply