Tout est déjà écrit. Mais je ne me suis résolu à lire. Aucune défiance, seul l’handicap prime. Les mots inatteignables comme le Braille taillé dans la ronce, incapable de me toucher. Alors je tâtonne, de textes en textes. Aligne les bouts de tissus de différents tons, dépareillés et techniquement instables. Pourtant je ne me tromperai pas, comme on pourrait gâcher une écharpe en mouchoir et se torcher de faim. Je leur rend grâce, espérant ne jamais trouver la fin de l’étoffe, sinon la mienne. Tout ces petits bouts de peaux, je les aime, surement aveuglément, avec la conviction intérieure de celui qui a été transpercé. Et chaque signe est une ombrelle, mais aussi un parapluie, deuxième derme, me laissant néanmoins tout aussi fragile, craintif du moindre coup d’ongle, coup d’épée néanmoins stérile dans la page d’un poète égaré.

Par ce texte, une pensée toute particulière au voyage d’Ulysse. Je n’ai pas lu Homère. Je regrette ma méconnaissance, mais je ne regrette pas le non geste de n’avoir ouvert ce livre. J’y préfère cent fois l’échange, et c’est pour cela que j’ai dit « chiche » à la participation au Second Souffle. Merci encore pour toute cette bienveillance.

Sam Lebrave

Illustation: Site pixabay, photographe Arcaion

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