C’est rien, vas-y. C’est rien, c’est rien, c’est moi.

Personne ne t’aimera à ta place. Personne pour cogner à ta place, pour frapper, pour venger, protéger, mourir. Enlever ta peau. la suspendre, la laisser se faire prendre, se pendre, à tous les cous! Rafler, blesser, fâcher.

Retourne toi. C’est rien. Ce n’est que ça. Vas-y. Tiens, ma peau, vas-y sans moi. L’âme reste au chaud. Elle s’accroupie fragile, se ferme aux bruits et au reste. Elle ne crie pas. Elle ne bouge pas. Elle est tranquille, elle est partie.

Elle hurle, c’est déjà ça. Ce n’est pas rien. C’est beaucoup trop.

Tu ne voulais pas de ces nuits, ni de ces aurores. Ces matins flamboyants, ces lumières de néons, ces sommeils perdus sur des carreaux blancs, tu n’en voulais pas. Et d’ailleurs tu n’y étais pas vraiment. Je n’y étais pas non plus, c’est seulement ma peau qui m’a raconté.

La peau dure.

L’âme pure. Ecorchée, l’âme à poil, à vif, à blanc. A toi.

A toi de jouer. Ce n’est pas rien, c’en est trop.

Qu’ils dorment seuls. Qu’ils s’éveillent seuls et rêvent seuls! Qu’ils passent, surtout. Que chacun se passe de ce qui est de trop pour moi.

Ni toi, ni moi, la violence anéantie.

Valériane Des Voiles

Suturées
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